Les causes dans la bouche

Les halitoses d’origine orale sont celles que l’on retrouve le plus fréquemment sur le plan clinique. Elles sont généralement associées à des phénomènes de nécrose ou de putréfaction bactérienne. Trois types de tests démontrent que les bactéries présentes dans la cavité buccale sont des agents de production d’halitose.

1º / in vitro, lorsqu’on met en présence des substrats organiques (par exemple des résidus alimentaires) avec des bactéries orales, celles-ci produisent des composés de l’halitose ; in vivo, la production de CSV peut être immédiatement induite lorsque la bouche est en contact avec des peptides et des acides aminés riches en soufre.

2º/ l’intensité de l’halitose diminue généralement lorsque les substrats organiques et les micro-organismes sont éliminés avec le brossage des dents et le nettoyage de la langue.

3º/ l’utilisation d’agents antimicrobiens à usage topique oral (rince-bouche) peut dans certains cas réduire l’halitose (lorsqu’elle est liée à des bactéries orales), mais avec un effet de courte durée.

Bactéries et sulfates volatils

Les causes orales sont presque toutes liées à l’action de bactéries sur des substrats de matière organique qui, souvent, génèrent une mauvaise odeur. L’un des facteurs y contribuant est la présence de sang, qui favorise fréquemment le développement de Porphyromonas gingivalis. Toutes les causes de saignement peuvent théoriquement causer une halitose, car l’action de certaines bactéries protéolytiques sur le sang peut générer des composés volatils. Le sang fournit des produits de décomposition, tels que les peptides contenant du soufre et des acides aminés, sources potentielles de CSV.

La mauvaise hygiène buccale a été l’une des premières causes d’halitose identifiée depuis les temps anciens. Des études épidémiologiques ont montré que plus l’indice individuel d’hygiène buccale est faible, plus les concentrations de composés sulfurés volatils (CSV) présents dans l’air expiré sont élevées. Il a également été démontré que même chez les patients sans halitose, un programme d’hygiène buccale (incluant une séance de prophylaxie professionnelle – nettoyage par un dentiste, des consignes pour une bonne hygiène buccale et leur application au quotidien) peut réduire jusqu’à 34% le saignement gingival et les niveaux de CSV oraux sur une période de quatre semaines. Contrairement à la croyance générale, des études récentes ont montré que l’utilisation de fil dentaire et le nettoyage régulier de la langue sont plus efficaces dans le contrôle de l’halitose que l’usage régulier de rince-bouche ou le brossage fréquent des dents.

Langue pâteuse

Une langue pâteuse est l’une des causes les plus courantes de l’halitose, car elle constitue la plus grande niche de micro-organismes de la cavité buccale. La présence de matière organique et de bactéries sur le dos de la langue est nettement plus importante chez les patients atteints d’halitose. La prédisposition à l’accumulation de bactéries et de résidus alimentaires varie en fonction de divers facteurs, dont notamment la morphologie du dos de la langue (papilles linguales plus élevées). Même chez les personnes non malades, sans antécédents d’halitose ou de maladie parodontale, la langue est la principale source de production de composés volatils de soufre. Les phénomènes de rhinorrhée postérieure et de reflux gastro-œsophagien peuvent également contribuer à la formation de ce substrat sur le dos de la langue.

Maladie parodontale

L’halitose est également associée à la maladie parodontale (ensemble de pathologies associées aux tissus dentaires tels que les gencives, le ligament parodontal et l’os alvéolaire). Les patients souffrant de parodontite chronique présentent généralement une plus forte concentration de CSV intra-oraux, ainsi que d’autres symptômes typiques de cette maladie : saignement gingival, présence de tartre (presencial de cálculo/tártaro), mobilité dentaire, présence de poches sub-gingivales/parodontales, entre autres. D’autres conditions parodontales telles que la périimplantite, la gingivite ulcéreuse nécrosante aiguë (GUNA), la parodontite ulcéreuse nécrosante aiguë (PUNA) et le cancrum oris (ou noma) peuvent également être à l’origine de l’halitose.

Sécrétion salivaire

La sécrétion salivaire a également une fonction importante. Plusieurs situations interférant avec la fonction salivaire peuvent induire l’halitose. C’est le cas des jeûnes prolongés (sans activité de masticage stimulant la production de salive), de la perturbation du rythme circadien du sommeil, de la prise de certains médicaments qui diminuent le flux salivaire ; également, si l’on fait de l’exercice physique ou si l’on parle sans discontinuer. Le pH (plus alcalin), la concentration d’oxygène (plus faible) et la composition salivaire (présence accrue de cellules épithéliales et de débris cellulaires) influencent la production de CSV. L’apparition de l’halitose à partir de salive résiduelle s’explique par la capacité de certains composés odoriférants (par exemple : indole, escatol, putrescine, cadaverine) à se volatiliser dans les tissus oraux.

Dans ce cas, l’épaisseur du film salivaire (résidus de salive) semble cruciale. Plus l’épaisseur est faible, plus ces composés se volatilisent. En outre, une moindre quantité de salive favorise l’accumulation de bactéries et de matières organiques dans la bouche, car elle réduit le potentiel d’auto-nettoyage buccal. Divers médicaments largement utilisés par la population peuvent également diminuer le flux salivaire. Ils sont communément appelés médicaments xérostomiques, et comprennent entre autres les antidépresseurs, les antipsychotiques, les antihypertensifs, et les inhibiteurs de la pompe à protons.

Autres foyers de l’halitose

D’autres problèmes liés à l’activité bactérienne, aux foyers infectieux et à leurs actions respectives sur différents substrats de matière organique peuvent entraîner une halitose. Ces substrats sont généralement des restes de nourriture, de sang et de tissu de l’organisme lui-même qui provoquent une nécrose et une putréfaction, avec ou sans sécrétion purulente. Il s’agit notamment de la péricoronarite, de l’alvéolite, des abcès et autres sources de pus, des aphtes, des ulcères oraux, des bourrages alimentaires interdentaires, de l’exposition pulpaire avec nécrose, des restaurations dentaires débordantes. On peut citer aussi des causes comme la stomatite, les blessures chirurgicales, la candidose, les caries profondes, les piercings sur la langue, le kyste dentaire (drainé par une fistule vers la cavité buccale) (quisto dentígero (cuando drena por una fistula para la cavidad oral), parasitose myiase, scorbut, histiocytose, leucémie (quand il y a manifestation d’ulcères buccaux ou d’hémorragie spontanée) et les néoplasies. Les prothèses amovibles trop poreuses, en particulier les plus anciennes fabriquées à partir de matériaux moins durs, peuvent être à l’origine de l’halitose (il en va de même pour leur usage nocturne).

Antérieur
Suivant

Le concept

Parlons ouvertement de l’halitose pour mieux comprendre et accéder à la terminologie utilisée par les scientifiques.

1. Qu’est-ce que l’halitose?
2. Conséquences psychologiques et sociales
3. La mauvaise haleine au cours du temps – historique

Le Diagnostic

Identifions les procédés cliniques les plus efficaces pour un diagnostic précis de l’origine de l’halitose, afin de choisir le meilleur traitement.

1. Méthodes de diagnostic
1.1 Auto-perception
1.2 Tests organoleptiques olfactifs
1.3 Mesure des substances gazeuses contenues dans l’haleine
1.4 Analyses de laboratoire
2. Tests psychologiques
3. Signes et facteurs associés